comme dans certains poè�mes de rilke ("vues des anges, les cimes", dans "vergers"), il y a souvent, chez adeline breton, un renversement des espaces : les cimes deviennent des racines et boivent le ciel, et les racines s'élancent vers le ciel dans une croissance inversée, en une joyeuse prolifération de mati�ères, couleurs et formes.
il faut malaxer les graines de terre pour les faire germer selon un programme plein de liberté. et dans les reliefs, les surfaces craquent et rév�èlent un jeu de tensions, entre pression tectonique et poussée cellulaire irrépressibles.
entre le minéral, le végétal et le charnel, nous n'avons pas à choisir. forces et fragilités se désignent mutuellement comme aussi le souci de l'intime et une aspiration à étreindre le monde.
l'économie de moyens revendiquée - terre, pigments, plâtre, papier - rejoint une écologie prenant soin du local. les croissances multiples dans le travail d'adeline breton appellent en fait à la décroissance, à une concentration et à un recentrement : la générosité, voire l'exubérance sont possibles partout.
la dialectique à l'oeuvre est celle d'une hortisculpture, d'un jardin de forces contradictoires entre gravité et germination, qui a trouvé son équilibre dans l'épanouissement dans toutes les directions de l'espace.
roland schär, novembre 2016
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